Aiki Jujutsu - Kobudo

Académie Martiale Jushinkan Dojo

Quel rôle jouent les Kata dans les arts martiaux?

mars 17th, 2015

Au cours des années, j’ai entendu souvent des gents dire qu’ils ne voulaient pas faire de karaté, ou qu’ils avaient arrêté leur pratique parce qu’ils n’aimaient pas apprendre et ou pratiqué leurs katas, une chorégraphie de mouvements contre un ou plusieurs adversaires imaginaires. Soit, les katas, ou les formes ne sont pas exclusifs au karaté. Dans les arts coréens, comme le Tae Kwon Do, on les appelle des poomsae, tul ou hyung, tout dépendant du style et/ou de l’organisation. Les styles chinois utilisent normalement le terme Kuen.

Mais ce n’est pas seulement que dans les arts qui utilisent principalement les frappes avec la main et les pieds qui utilisent des formes. Les différents styles de techniques d’armes utilisent également des enchainements prédéterminés. Ceux-ci normalement exécuté a deux. Une étude approfondie en Judo révèle aussi plusieurs Katas exécutés a deux, comme le Ju no Kata, le Kimé no Kata, ou le Katamé no Kata, pour en nommé que quelques-uns. L’Association d’Aïkibudo et Kobudo du Québec également les utilisés, notamment le Kihon Nagé Waza, ou “technique de projections fondamentales”.

Et j’en passe surement des centaines.

Mais à quoi elles servent?

Si nous revenons à notre exemple initial, le Karaté, les Katas sont un des trois piliers de l’entrainement. Kihon (fondamentaux), Kata (formes), et Kumité (applications ou combats). La ou les Kihon sont considérées comme l’alphabet du karaté, les Katas sont la grammaire. Comment ‘conjuguer ‘ les techniques ensemble pour qu’elle soit applicable et utilisable. Les Katas offrent aussi une possibilité de travailler les techniques avec grande puissance dans risque de blessé un partenaire de travail (attention à ne pas se blesser soi-même à cause d’une hyper extension, par contre!). Ils permettent de faire entrer les techniques dans la mémoire musculaire, pour qu’elles deviennent une seconde nature pour la pratique.

Une fois la chorégraphie de la forme apprise, il est important de passer au Bunkai, à l’analyse ou les possibles applications des mouvements. Dans ce sens, elles nous offrent des scénarios à décortiquer et à comprendre.

Pour les arts moins orientés vers les frappes, comme le Judo et l’Aïkibudo mentionnés plus tôt, les formes servent beaucoup d’aide-mémoire, ou même de registre techniques. Plusieurs techniques contenus dans les Katas du judo ne sont pas permis en compétition, et sont par conséquent moins pratiqués. Dans notre système, nous utilisons les katas comme répertoire techniques, pour apprendre des enchainements spécifiques, comme pour les immobilisations au sol ou les étranglements, par exemple.

Mais, si on élargissant la définition d’une forme un peu… pour les sports comme la boxe, par exemple? Oui, oui, vous m’avez bien compris, la boxe. Si on prend un kata comme étant un enchainement spécifique de mouvement pour voir à l’application après, les séances de travail avec les mitaines de frappes, les fameuses combinaisons (jab direct-crochet, par exemple), pourraient entrer dans la définition d’un kata… très court, certes, mais quand même un kata. L’enchainement, répété plusieurs fois, entre dans la mémoire musculaire, on travaille ensuite à l’application avec un partenaire, puis en échanger et en combat.

Mais, en plus de tout ce qu’il vient d’être nommé plus haut, dans les arts traditionnels, peu importe le pays d’origine, il y a également un élément culturel à la pratique d’un kata. C’est un peu de plongé (ou au moins y tremper un orteil) dans le passé d’un art, de travailler les mêmes choses que des milliers de pratiquants on travaillé avant nos, et même les grands maîtres que nous admirons comme exemple de discipline et de médication à la pratique de leurs arts.